La grisaille des nuits urbaines

Posted by Picarof août 5th, 2009

des lampadaires. et plus d’étoiles – comme le ciel est bas depuis que la nuit ne tombe plus. du rêve à la rumeur… le regret qui tapisse ces brumes montre un temps où je me réveillais – dans un beau grand miraculeux soleil versant de chauds baisers sur ma peau frissonnante d’effroi, empreinte de lune et baignée d’ennui. l’obscurité portait l’horreur de nos fantasmes – parfois incarnés d’argent – ; revenaient les enterrés, nos chers démons de délicieux regrets ; nous buvions quelques gouttes d’évidence – dorées, fortes, amères, à la sève d’un arbre de mort qui n’avait pas dédié sa majesté ; quand les boulangers à cinq heures du matin faisaient lever des vies pétries d’une glace aussi noire que tes pupilles profondes et fuyantes. qu’elles ont pâli, mon blanchâtre compagnon ! la maille molle de tes douceurs sans passion ne saurait guère m’habiller que pour l’été indien, ou pour ce célibat – sans fureur. le bois de ton parfum me fane tant. je n’en oublie même pas de vivre – mais si seulement j’osais… je reste assise comme une minuscule, regard hébété, entrouvrant l’œil sur les rues mâchées de papier muet qui noient l’étoile dans le bourbon de mes insomnies à la demi-lueur des lampadaires – impuissants. (les nuits qu’à tes côtés le dénombrement sans fin des moutons de l’ennui me lasse, distraitement triste, je les regarde à la fenêtre et cherche d’une fièvre dans la tiédeur grise des humeurs mièvres)

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