La Dame du Lac

Posted by Picarof août 12th, 2009

au fond du lac, depuis longtemps je t’attendais. patiemment. je t’attendais, comme j’ai bien appris, depuis ce jour où l’horizon t’a séduit, où la lumière t’a aveuglé, où ton regard a percé entre les montagnes des chemins sans retour ; ce jour-là, où tu t’es rêvé chevalier. à présent que tes yeux déçus se posent à nouveau sur l’onde morne, tu ne vois qu’un visage tortueux, mordu de rancoeurs et de haine, un visage qui pourtant n’est pas le mien. regard enfoui dans l’azur pur et pieux, tu t’es bâti une hypocrite bonté, payée de mon sang, et pour oublier ce meurtre, tu as masqué de bleu tes journées aveugles, cultivant le Soleil aux rayons d’or.

pourtant, le Soleil mort, une voix te rappelait au fracas.. l’éclat mordant de la Lune élevait un souffle, dans l’ombre, qu’aucune mélodie ne parvenait à noyer… “souviens-toi qu’elle sourd. souviens-toi qu’elle surgit du puits des nuits. comme une tache qui te gratte l’oeil. un nuage écarlate. souviens-toi. obnubilé en plein mai. souviens-toi qu’elle sourd. un nuage écarlate. souviens-toi. ” lancinant. ce murmure, ou mon sommeil dans chaque larme, ou le sang qui recouvrait mes mains quand elles ont… pétri tes printemps, reconnaissons-le, ou l’abîme insondable de ton juste coeur, battant la marche, quand tu courbes la tête; c’est moi la moelle de tes espérances.

tes pas fuyants à moi t’ont ramené… je te rends donc ta fière épée, que j’ai fait croître au creux de la vérité, l’épée de l’ombre et de l’eau, aux reflets argentés, qui tranchera des sourires d’enfant à ton Soleil. va, tu as gagné la quiétude si tu te souviens de moi, si tu n’oublies pas que la Lune aussi a sa lumière.

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