l’accordéon se lamente pour votre gaieté, à l’abri d’une porte, mais l’insolent chaland se presse sans vergogne, vers une chaude destination.
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pleurent les murs, les toits et les fenêtres ; c’est pour les consoler que les marrons sur le feu parfument leurs trottoirs, ravissement d’écoliers cirés qui les distrait des flaques.
glissant sur sa longue chevelure bouclée après le chignon, à quatre heures la pluie emporte les dernières effluves d’une laborieuse matinale. elles flottent puissamment sous les platanes puis agonisent dans le parfum des feuillages jaunis. elle sent le coton détrempé et le bois mourant.
Toi qui ne tournes pas
Toi qui ne bouges pas
Autour de Toi je danse
Et sans cesse gravite
Fille du labyrinthe
Et taureau de l’arène
Agartha
Toi morcelé dans tous
Les regards qui me plaisent
Osiris, ô célé
Au monde ainsi scellé
Os par os, je recouds
Ton âme dans mon sein
Qui en brille
Dans le ciel à l’aurore
Sur les nuages rouges
Le soleil entrelace
Les lettres de Ton nom
Tandis que le vent le
Murmure mais toujours
Il m’échappe
Qui.
Assise auprès de la fenêtre en pluie, une femme attend, dans l’ombre crépitante. Le sourire qui ronronne sur ses lèvres adoucit son visage, comme l’eau sur le monde apporte un peu de flou dans sa mémoire. Les Hommes font silence, les animaux se terrent, il semble que la pluie occupe tout l’espace, poussant les faux soleils et les étoiles grises jusqu’aux replis de son indifférence. Un petit peu de tristesse, une touche d’ennui ; les gouttes sur les tuiles créent des silences pleins de bruits, la quiétude habitée de souvenirs soudain atones, comme on les voit, de loin, passer la main. Dehors la terre exhale ses parfums, chassant les égoïstes miasmes. La pluie ainsi prépare pour la fleur un air originel, neutre et sain, mais on verra tout ça demain, lorsque l’oiseau, à l’aube, entonnera pour le matin le signe du départ. Assise auprès de la fenêtre, une femme lave ses souvenirs et songe, en souriant, aux jours passés, comme l’enfant dans sa candeur rêve demain.
Futilité fugace, élégante comptine, jouée au piano droit le long d’une aube endimanchée, lueur orange de petits déjeuners mielleux . Voici F est entrée, figurine de feu fieffée de plumes. Flamboyante et rieuse, ornée de frou-frou d’or, la brindille enflammée déploie sur l’écran noir de carnavalesques artifices. Elle est : le mot « pep’s » dans un discours d’académicien, une trille joyeuse au cœur d’un requiem, le parfum d’une fleur qui choit sur un charnier, des fossettes malignes sur des joues gâtées, l’horrible d’un fluo sur un tableau de maître… le fallacieux des espérances. Les jours de grâce, il arrive parfois que revêtue de ses frivolités, F devienne l’inconsciente gaieté de fabriquer du beau, en pure vanité, des choses grandes sans le soupçonner. Que ferions-nous sans elle, follette si fringante, mondaine si fragile, la fée de nos ennuis, l’abîme des abîmes ?
Joie que ce rire qui fait face à une fosse au fond percé, sans plus de foi… Ô mon Amour, tu vois l’hiver, l’effroi, la faim, la finitude, la fange la fureur, et la mort nous attend, fatale et froide… fichtre.
Énorme éléphant à quatre piliers, mobile autant qu’enraciné, au plus profond de la terre fangeuse, M se promène, lourd, comme une basse continue qui fait trembler les tréfonds à chaque mouvement. Tout se pose sur lui, et tout se meut quand il respire. M est un pacha couleur de terre baignée de sang, M est égal à quatre, M a l’odeur des tripes. C’est dans le ventre qu’il réside et quand je t’aime façon M, c’est par la peau que tu me hantes, comme une absence qui meurtrit, comme ce poison rassérénant de l’évidence. Dans la palette de l’émoi, M a cette place espagnole des rubis, le sang vif masquant toutes moiteurs, tout abandon, les mirifiques méchancetés, le sourire mort d’une Médée après naufrage, la clef de voûte de la vie. Doute aboli dans la noirceur de l’âme et nuit profonde, M est ce pays dense où les brouillards jamais ne flottent ; ce qui résonne, la matière et la femme.
Qu’ainsi que dans ma main
La tienne trouve place,
Qu’ainsi que sur ma peau
Ton nom laisse une trace,
Enlacés de nouveau,
Autrefois et demain
Se marient dans ces mots :
Aujourd’hui, ce matin.
À chaque fois que je ressens comme un désir
De peintre, le pinceau choit.
Quand tintent les clochettes de ce temps heureux
De vivre, les larmes montent.
Qui es-tu, toi qui ris ?
Où donc est la chanteuse ?
Qu’on me donne un jouet
Et je le change en bile.
Que l’on m’offre un palais
Et j’en ferai décombres.
Voici la vacuité
Voici la vérité
…et puis voici la mort.
Cette distance intérieure qui accable… Cet effondrement de tous les sens, ce gribouillis de l’être véritable qui se confond avec l’architecture de rêves lumineux… Ah… si seulement quelque chose était. Songe insidieux qui sourd de chaque sursaut de l’entendement…. Espérons les lobotomies ainsi que le Léthé.