Archive for the ‘Poésie libre’ Category

Neiges

Poésie libre | Posted by Picarof décembre 1st, 2010

Le passage d’un fou
En fit un tas de boue.
Mais comme elle fut belle !

Ni feu ni glas le corps
Qui abolit le blanc
N’est jamais transparent.

Nie les neiges, nie les eaux ;
Le solfège des os.

Il me reste les marges
La mémoire et l’image
De l’aride désert ;

Mais quand je marche, folle,
Je me prie en silence
«Espérons que je danse».

Nie les neiges, nie les eaux ;
Le solfège des os.

Le Bien-Aimé

Poésie, Poésie libre | Posted by Picarof mai 27th, 2010

Toi qui ne tournes pas
Toi qui ne bouges pas
Autour de Toi je danse
Et sans cesse gravite
Fille du labyrinthe
Et taureau de l’arène
Agartha

Toi morcelé dans tous
Les regards qui me plaisent
Osiris, ô célé
Au monde ainsi scellé
Os par os, je recouds
Ton âme dans mon sein
Qui en brille

Dans le ciel à l’aurore
Sur les nuages rouges
Le soleil entrelace
Les lettres de Ton nom
Tandis que le vent le
Murmure mais toujours
Il m’échappe

Qui.

Voie

Poésie, Poésie libre | Posted by Picarof mars 25th, 2010

À chaque fois que je ressens comme un désir
De peintre, le pinceau choit.
Quand tintent les clochettes de ce temps heureux
De vivre, les larmes montent.

Qui es-tu, toi qui ris ?
Où donc est la chanteuse ?
Qu’on me donne un jouet
Et je le change en bile.
Que l’on m’offre un palais
Et j’en ferai décombres.

Voici la vacuité
Voici la vérité
…et puis voici la mort.

Chanson des Justes

Poésie, Poésie libre | Posted by Picarof février 23rd, 2010

Elle se plaint, lui est venu souffrir
De la nuit dure, à mon oreille claire…
Je n’ai plus peur, moi je ne pleure pas
Mais des matins, je m’entends soupirer
Au réveil que les jours seraient plus doux
Si par la nuit jamais on ne rêvait.

Dans les nuages se dessine un visage
Les flaques d’eau tracent parfois ce dos
Qui sait porter et qui n’est pas le mien
Comme une bosse, on dit «Oh ! Que c’est laid !»
Mais fatigué, chacun est bien content
D’être la bosse et de faire l’enfant.

Voilà mon ombre, le grand Absent du jour,
Quasimodo que j’aime et que j’attends ;
En riant nous boirions du thé le soir,
Au bord de l’eau, quand l’été reviendrait.
Oui, nous boirions du thé, assis par terre,
En riant fort, comme rient les bossus.

Minuit

Poésie libre | Posted by Picarof novembre 13th, 2009

rien – néant – béant

good moon on my nights
shines at midnight

tic tac tic tac

soudain Minuit
secoue les sommeils
endoloris
par coloris
acres, amers, douceâtres
des amours endormis
Phoenix
sur Dragon
lueur sur l’onyx

le reflet de la lune sur un lac d’huile noir.

flic flac flic flaque

***

Dasein

Poésie libre | Posted by Picarof octobre 31st, 2009

pourquoi être ici ?
pourquoi être ailleurs ?
dans le plat pays
point de monts de coeur
l’homogénéi-
té écrase, écoeure
désespérément
– — –
aucune importance,
des reliefs : zéro.
il faut des brindilles
il faut des poussières ;
nulle aspérité
nulle crevasse
nulle fosse
nul mont
nul
{…}
ne me dira pourquoi je suis assise ici
plutôt qu’ailleurs, i.e. la ligne d’horizon

***

je suis l’étoile et la cherche dans tes
yeux muets
je compose les sous-titres au gré de
mes fêlures
j’aime pour oublier la perte de
mon enfance
que je recompose aussi au fil de
mes caprices
pour clore l’insupportable question de
savoir qui

oublier que
-tout mon désir n’est qu’une muselière
-les lendemains se dessinent sans lierre

et l’horloge

***

La fureur de l’exemple

Poésie libre | Posted by Picarof septembre 29th, 2009

après le mépris,
après le martyr,
après la mort

– ah, les cynismes de l’histoire !
– qui ne marque que les chairs
– pour les tailler de son burin

les exceptions deviennent exemples
les râclures des saints

– d’elle à il ; les marques de noblesse
– commencent toujours par écraser vénus

et les exemples sèment,
bien malgré eux
dans leur propre dos
des exemplaires

– reproductibles à l’infini
– soldats de plombs
– qualité conforme

qui pour mieux expier
chasseront fidèlement
ces impies de choix
que nous appelons parias.

Pensées de la Nouvelle Lune

Poésie libre | Posted by Picarof août 15th, 2009

où, quand, pourquoi?
des mots-coquilles vides
ici ne pousse plus
ici ne pousse pas
dans la torpeur aride
steppe à perte de vue
le café depuis longtemps a refroidi
sur la table encombrée
de poussière et de vide
au milieu des factures à l’agonie

l’horloge répète « tombeau »
de ses aiguilles glabres,
aseptisées
j’attends dans la pénombre d’un cliché
le fantôme au sourire
encadré sur la cheminée verte
celui qui se dressait de chair
et qui emporta la vie
de l’existence
dans son trépas


lointain
squelette

coquille vide
en collant son écouteur à ma poitrine
il paraît que l’on entend
la mer au loin.

(je n’en suis que le rocher…)